04 mars 2007

Dilemme électoral

randa_head_01Comment continuer à se proclammer les défenseurs acharnés de cette démocratie à la française, patrie des droits de l’homme, que le Monde entier, certes, ne nous envie parfois que très modérément… tout en tripatouillant sans cesse le jeu électoral afin de s’assurer un monopole de fait à chaque élection ?

C’est le grand dilemme que se posent aujourd’hui les cadors de l’UMP et du PS. L’affaire des signatures se retournent de tous les côtés de l’échiquier politique contre ces deux monstres politiques.
La solution appartiendrait, comme avant chaque élection présidentielle, aux dizaines de milliers de maires de villages sans étiquette. Ce qui exaspère Gérard Pelletier, le président de l’Association des maires ruraux : « Ces ministres qui veulent nous donner mauvaise conscience, je trouve ça un peu fort de café. Moi, jamais je ne signerai pour un candidat que je ne veux pas soutenir. Nous sommes arrivés au bout du bout de ce système. Il va falloir le changer », grognait-il vendredi sur France Info.
Qu’un Olivier Besancenot hurle au scandale après l’oukase imposé par la direction socialiste à ses élus de ne parrainer que sa royale candidate, pourrait faire sourire. N’est-ce pas l’extrême gauche qui n’a eu de cesse de diaboliser les maires qui accordaient leurs parrainages à Jean-Marie Le Pen, n’hésitant pas à les harceler médiatiquement pour avoir simplement joué le jeu démocratique ?
Besancenot, Bové, voire même Voynet, qui se plaignent de ramer pour obtenir les précieux ausweis de notre démocratie quelque peu totalitaire, ne sont en l’occurrence que des « arroseurs arrosés ». On peut en sourire, certes, mais leur absence éventuelle à la campagne électorale serait néanmoins tout aussi scandaleuse que celle du leader du Front national, du vicomte de Villiers ou encore de l’écologiste Antoine Waechter… alors même qu’une Marie-George Buffet serait présente au nom d’un Parti communiste qui ne survit que par charité électorale socialiste.
L’absence d’un Le Pen, d’un Besancenot, d’un Bové ou d’une Voynet causeraient ce qu’il est pudiquement convenu de nommer des « dommages collatéraux » comme on dit de ces bombes qui tombent là où elles n’étaient pas prévues.
Et l’ennui, c’est qu’on peut difficilement s’en prémunir. Les médias français nous rabattent les oreilles depuis des mois que l’élection présidentielle française serait au contraire un modèle de « frappe électorale » avec la confrontation programmée Sarkozy-Royal.
À quelques jours de la date fatidique de dépôt des parrainages, à 18 heures le 16 mars, les états-majors de l’UMPS se rendent brusquement compte que le danger serait bien plus grand pour l’une comme pour l’autre d’une démocratie confisquée, non plus par la « bande des quatre » d’antan, mais désormais par le monstre électoral à deux têtes : l’abstention déjà terriblement importante ferait sans doute un bond terrible, si terrible qu’on pourrait s’interroger sur la légitimité du vainqueur si elle dépassait les 50 %.
En effet, imagine-t-on un des candidats interdit de participation présidentielle, appeler à voter pour l’un de ceux qui en a été la cause ?
Les cocus ont rarement vocation à tenir la chandelle.

Philippe Randa - La Chronique

Posté par DLP France à 11:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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